Chery Stockman : le pick‑up hybride qui bouscule le marché avec 476 ch et jusqu’à 170 km d’autonomie électrique
Chery dévoile le Stockman, un pick‑up qui ne ressemble pas aux camionnettes traditionnelles : motorisation plug‑in hybride diesel, puissance combinée annoncée à 350 kW (476 ch) et un couple maximal de 800 Nm. Avec ces chiffres, le Stockman vient jouer dans la cour des modèles les plus puissants de la catégorie et affiche des prétentions affirmées face à des références comme le Toyota Hilux. L’architecture technique et le positionnement commercial en font un véhicule intéressant à analyser, tant pour les professionnels que pour les particuliers attirés par la polyvalence « travail‑+‑ville ».
Un groupe motopropulseur original : diesel + électrique
La solution retenue par Chery associe un moteur diesel 2,5 litres à des moteurs électriques puissants pour délivrer une puissance système de 476 ch et un couple de 800 Nm. Cette combinaison vise à tirer profit du meilleur des deux mondes : l’autonomie et la capacité de traction du diesel, et la souplesse, la réactivité et l’efficacité en usage urbain de l’électrique. La batterie, logée à l’arrière du véhicule, offrirait selon les estimations une capacité d’au moins 25 kWh, permettant selon les cycles locaux d’une part une autonomie électrique comprise entre 100 km (cycle australien NEDC) et jusqu’à 170 km selon les relevés chinois. Sur le papier, de telles valeurs permettent de réaliser la majorité des usages quotidiens en mode 100 % électrique.
Performances, charge et autonomie : des chiffres qui frappent
Le Stockman revendique une autonomie électrique notable pour un pick‑up, ce qui le distingue clairement des offres concurrentes essentiellement diesel ou mild‑hybrid. Une batterie estimée autour de 25 kWh et une architecture PHEV permettent des trajets urbains en zéro émission et la récupération d’un usage diesel pour les longues distances, sans anxiété liée à l’autonomie. Le temps de charge DC n’a pas été précisé précisément, mais la capacité de charge rapide devient un critère essentiel si l’on veut tirer parti d’une telle autonomie au quotidien.
Capacités utilitaires : charge utile et remorquage
Conçu pour remplir un rôle utilitaire, le Stockman affiche une capacité de charge utile d’environ une tonne et une capacité de remorquage annoncée jusqu’à 3,5 tonnes — des chiffres qui le rendent pertinent pour des usages professionnels (BTP, agriculture, flottes). La garde au sol d’au moins 247 mm même en charge, ainsi que la longueur (5 450 mm) et la largeur (2 m) positionnent le véhicule à la fois comme transporteur de charges et comme tout‑terrain apte à s’engager sur des pistes difficiles.
Confort et équipement : un pick‑up premium
À l’intérieur, Chery ne joue pas la carte brutale du travailleur basique : l’ambiance se veut moderne et confortable. Deux écrans libres (instrumentation + infotainment), levier de vitesses électronique, options de toit panoramique, sièges chauffants et climatisation automatique sont évoqués. Ce niveau d’équipement rapproche le Stockman de SUV contemporains et répond à une attente croissante : « un outil de travail qui n’oublie pas le confort quotidien ». Pour des flottes ou des clients professionnels, c’est un argument de poids dans la décision d’achat.
Comparaison avec le Toyota Hilux : complémentarité plus que confrontation
Le Toyota Hilux reste la référence en matière de robustesse et de fiabilité éprouvée depuis des années. Ses atouts : consommation maîtrisée, fiabilité mécanique, capacités de traction élevées et vaste réseau d’après‑vente. Le Stockman, lui, apporte une vision différente : l’hybridation plug‑in introduit une dimension économique et environnementale attractive, surtout en milieu urbain où la possibilité de rouler en électrique pur représente un atout pour l’exploitation quotidienne. En termes de remorquage et de charge utile, le Stockman se positionne de manière comparable, ce qui en fait une alternative crédible pour des clients cherchant à réduire leurs émissions sans renoncer aux capacités d’un pick‑up.
Usage professionnel et économies d’exploitation
Pour les flottes, le Stockman peut offrir des gains de coût intéressants : réduction du carburant fossile en usage urbain, possibilité de bénéficier d’avantages fiscaux si les réglementations locales favorisent les véhicules à faibles émissions, et diminution des coûts liés aux zones à faibles émissions (ZFE). Les gestionnaires de flotte doivent toutefois évaluer le coût total de possession (TCO) en tenant compte du surcoût d’acquisition éventuel, de la durée de vie de la batterie et de la disponibilité des infrastructures de charge.
Marché européen : opportunités et incertitudes
Chery annonce l’Australie comme marché prioritaire pour la commercialisation du Stockman ; l’arrivée en Europe est envisagée mais reste conditionnée à plusieurs éléments : conformité aux normes locales (sécurité, émissions), réseaux de distribution et après‑vente, et acceptation par les clients européens. Le prix sera un levier stratégique majeur : historiquement, les offres chinoises se positionnent souvent sous le tarif des concurrents établis, ce qui pourrait aider à pénétrer le marché. Toutefois, la perception de la qualité, la disponibilité des pièces et la résilience du réseau de service pèsent fortement dans la décision d’achat en Europe.
Conclusion technique — sans conclusion finale
Le Chery Stockman représente une proposition audacieuse : un pick‑up plug‑in hybride diesel capable d’offrir des performances élevées, une autonomie électrique significative et des capacités utilitaires dans la norme du segment. Sa réussite dépendra de la capacité du constructeur à assurer la qualité perçue, à structurer un réseau commercial et à convaincre les flottes et professionnels de la fiabilité de l’architecture hybride sur le long terme. Si ces éléments sont réunis, le Stockman pourrait redistribuer les cartes sur un marché où efficacité énergétique et polyvalence sont de plus en plus recherchées.

