BYD franchit un nouveau cap avec sa marque premium Denza : sur le Salon de Pékin, le Denza Z se dévoile non seulement en coupé mais aussi en version cabriolet à toit souple, et avec des chiffres qui font tourner les têtes — plus de 1 000 ch électriques, une architecture carbone et une ambition claire : concurrencer les supercars européennes sur leur terrain. Voici ce qu’il faut retenir de ce constructeur chinois qui ne promet plus seulement, mais livre des prototypes déjà prêts à jouer dans la cour des grands.
Un cabriolet 2+2 en carbone, dessiné par un ancien d’Audi
Le Denza Z cabrio reprend le parti pris du coupé Z déjà montré précédemment, mais adopte une carrosserie entièrement en composite à base de laminé carbone. Sous la direction du designer Wolfgang Egger — ancien d’Audi — les lignes marient agressivité et élégance : museau à la Lamborghini, arrière qui lorgne vers Ferrari, et silhouette avec une touche Maserati. L’approche est donc très assumée : montrer que la Chine sait aussi produire du design émotionnel, pas seulement des véhicules utilitaires.
L’habitacle, configuré 2+2, reste centré sur le conducteur : une large console centrale haute, un volant sport aplati, instrumentation numérique et un écran tactile central. L’intégration est moderne, avec des rangements et fonctionnalités pratiques (sécurité, recharge par induction). Les places arrière sont symboliques — plutôt destinées aux bagages ou à de très jeunes passagers.
Plus de 1 000 ch, transmission intégrale et châssis sportif
Le Z s’appuie sur la plateforme E3 utilisée par le Z9GT, adaptée ici aux exigences extrêmes de performances : direction à quatre roues (all‑wheel steering), architecture de motorisation électrique probablement à trois moteurs, et une puissance totale dépassant les 1 000 ch. Résultat annoncé : 0‑100 km/h en moins de deux secondes — des chiffres qui placent le Z dans la catégorie des hypercars modernes.
Le châssis est équipé d’un système de contrôle électromagnétique (DiSus‑M), comparable à celui vu sur le Yangwang U9, capable d’anticiper la route et d’ajuster la rigidité/hauteur pour maximiser adhérence et confort. La direction Steer‑by‑Wire et la gestion électronique sophistiquée complètent le tableau, montrant que BYD et Denza misent sur l’électronique pour dompter la mécanique.
Énergie et recharge : la Blade‑Battery de deuxième génération et le Flash Charging
Pour résoudre le problème de l’autonomie et des temps de charge, Denza mise sur la Blade‑battery de seconde génération et sur un système de charge ultra‑rapide « Flash Charging » capable, selon la marque, d’atteindre des puissances de pointe de l’ordre de 1 500 kW. Concrètement, BYD annonce des quasi‑vollladages en environ dix minutes — une promesse qui, si vérifiée en conditions réelles, change la donne pour l’usage des voitures électriques à très haute performance.
Technologie embarquée : conduite automatisée et modes de pilotage extrêmes
Le Denza Z embarque la suite d’aides avancées God’s Eye de la maison, avec des fonctions d’automatisation et d’assistance poussées. Côté pilotage, on trouve des modes spécifiques : un mode drift, la fonction Crabwalk (qui permet un déplacement latéral), et des réglages pour exploiter la puissance en conditions piste. Ces éléments montrent que Denza cible autant le client collectionneur que l’amateur de track‑days.
Fabrication, ambitions internationales et calendrier
Après des tentatives chinoises spectaculaires, la grande nouveauté est que Denza annonce une tournée européenne : le Z sera présenté pour la première fois en Europe cet été au Goodwood Festival of Speed. BYD confirme ainsi son intention de s’implanter durablement sur les marchés premium occidentaux — non plus seulement en volume, mais aussi en image.
Sur le plan industriel, la fabrication carbone et les technologies de pointe placent le Z dans une catégorie hautement spécialisée : faibles volumes, coûts élevés, et nécessité d’un réseau d’après‑vente adapté. BYD/Denza n’a pas encore communiqué les prix officiels, mais tout laisse penser qu’ils dépasseront nettement la gamme Z9GT (qui démarre autour de 115 000 €), plaçant le Z dans la sphère des modèles millionnaires ou proches selon les options et la localisation.
Que signifie ce lancement pour les constructeurs européens ?
Les points d’attention avant l’achat ou le jugement
Plusieurs points restent à vérifier lors des premières sorties publiques et tests indépendants : la résistance et le comportement réel de la carrosserie carbone en conditions extrêmes, la fiabilité à long terme du système de charge ultra‑rapide, l’efficacité réelle du DiSus‑M en utilisation piste, et bien sûr la conformité aux normes européennes en matière de sécurité et d’émissions indirectes (production des batteries, recyclage).
En synthèse — et sans conclure — le Denza Z cabrio incarne la montée en puissance d’un producteur chinois prêt à investir massivement dans la technologie et le prestige. Si BYD/Denza tient ses promesses techniques et industrielles, l’arrivée du Z en Europe cet été ne sera pas qu’un coup d’éclat : ce pourrait être le signal d’un rééquilibrage durable dans le haut de gamme automobile électrique.

