La Mercedes G‑Classe explose tous les records en 2025 : comment le « gros cube » est devenu une machine à cash

Alors que Mercedes‑Benz traverse une année commerciale difficile au niveau mondial, il existe une exception spectaculaire : la G‑Classe. En 2025, la production du légendaire SUV de Graz a atteint un niveau historique, avec près de 49 700 exemplaires sortis des chaînes — une augmentation de 23 % par rapport à 2024. Ce chiffre impressionnant mérite qu’on s’y attarde : la G‑Classe n’est plus seulement un symbole de prestige, elle est devenue un véritable pilier financier pour Mercedes.

Des volumes surprenants pour un véhicule à six chiffres

Ce qui frappe immédiatement, c’est l’anachronisme apparent : un véhicule dont le prix de départ dépasse les 125 000 euros (et dont la version la plus vendue, le G63 AMG, frôle en moyenne les 200 000 euros) réalise près de 50 000 ventes annuelles. Les modèles les plus demandés — principalement le G63 animé par un V8 biturbo proche des 600 ch — représentent plus de la moitié des ventes de la gamme. Les prix de transaction, dopés par la rareté et la demande, grimpent bien souvent au‑dessus des tarifs officiels : on parle couramment de 220 000 à 250 000 euros pour des véhicules immédiatement disponibles.

Un flux de trésorerie colossal

En termes financiers, l’effet est clair : avec des transaks moyens très élevés et des volumes en hausse, la G‑Classe génère plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires. Rien que la commercialisation des versions haut de gamme assure un cash‑flow conséquent, très utile dans un contexte où les ventes globales du groupe ont reculé. Les marges sur ces véhicules sont, de surcroît, sensiblement plus élevées que sur les segments de masse.

Une production concentrée et une histoire industrielle unique

Autre point remarquable : toute la production civile de la G‑Classe est concentrée chez Magna Steyr à Graz, en Autriche, depuis 1979. Cette relation industrielle longue et stable permet d’expliquer en partie la montée en puissance : l’usine a su monter en cadence et améliorer son efficience sans sacrifier la qualité et le caractère artisanal qui font le prestige du modèle. La montée des unités produites est spectaculaire : 300 000 unités atteintes en 2017, 500 000 en 2023, puis 600 000 récemment — des étapes qui témoignent d’une demande exponentielle ces dernières années.

Un mix géographique de clientèle particulièrement favorable

La G‑Classe séduit des marchés diversifiés. Au‑delà de l’Europe et de l’Allemagne, les États‑Unis, la Chine et les pays du Golfe constituent des marchés majeurs. Ces zones combinent pouvoir d’achat, goût pour le véhicule iconique et, parfois, une certaine recherche de statut social visible par l’automobile. Le positionnement ultra‑premium de la G‑Classe en fait un produit international, presque indifférent aux ralentissements locaux des ventes.

Pourquoi la G‑Classe continue de fonctionner là où d’autres modèles peinent

Plusieurs raisons expliquent cette résilience :

  • Une image intemporelle : la silhouette et le concept de la G‑Classe sont reconnaissables immédiatement et ont conservé leur aura.
  • Un positionnement de niche : la G combine luxe, capacité tout‑terrain et performance, une combinaison rare qui justifie des prix élevés.
  • Une stratégie de gamme intelligemment orientée : Mercedes multiplie éditions spéciales, personnalisations AMG et versions limitées, stimulant la demande des collectionneurs et clients fortunés.
  • Une production maîtrisée : la relation avec Magna Steyr assure une flexibilité industrielle et une qualité constante.
  • L’évolution technique et la montée en gamme

    Si la G‑Classe conserve ses attributs d’origine (châssis à échelle, robustesse), elle s’est adaptée aux exigences modernes : amélioration des prestations de confort, introduction d’assistances électroniques, et, depuis 2024, l’arrivée d’une déclinaison électrique (G 580 EQ). Malgré tout, ce sont encore majoritairement les motorisations essence AMG qui dominent les ventes. Mercedes prévoit toutefois d’étirer l’offre électrique à l’avenir, sans brusquer l’identité du modèle.

    Impact industriel et symbolique

    La G‑Classe est devenue un cas d’école : un produit de niche qui compense des difficultés structurelles plus larges au sein du groupe. Sa capacité à maintenir une forte demande permet non seulement d’améliorer les marges globales mais aussi de projeter une image de stabilité et d’exclusivité pour la marque. Pour les usines comme celle de Graz, la G représente un savoir‑faire hautement qualifié et une source d’emplois et d’activité locale importante.

    Enjeux à moyen terme : durabilité et transition

  • Électrification : comment conserver l’ADN tout en proposant des versions zéro‑émission attractives ?
  • Image et rareté : jusqu’où jouer la carte du luxe sans que le marché n’atteigne un point de saturation ?
  • Supply‑chain : maintenir la qualité et les volumes face à la pression sur coûts et composants.
  • Le défi pour Mercedes est désormais de déployer une stratégie qui pérennise ce succès sans diluer l’ADN du modèle, tout en répondant aux exigences environnementales et aux attentes des marchés futurs.

    Conséquences pour le marché et le consommateur

    Pour l’acheteur, la G‑Classe reste un symbole et une valeur refuge dans l’univers automobile de luxe. Pour les concurrents, c’est un rappel que la combinaison classique d’exclusivité, d’histoire et de personnalisation peut encore créer des succès retentissants. Enfin, pour Mercedes, la G‑Classe est un atout stratégique majeur — un « produit phare » qui, malgré la conjoncture défavorable, permet à la marque de conserver une marge et une visibilité exceptionnelles.

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