Une nouvelle étude relance le débat : l’exploitation d’un véhicule électrique coûterait en moyenne 33 % de moins qu’un équivalent thermique. Ce chiffre, cité par une récente analyse, ne se résume pas à une allégation marketing — il résulte d’un calcul prenant en compte plusieurs postes essentiels du coût d’usage. Pour les conducteurs et gestionnaires de flotte, comprendre la composition de cette économie est désormais indispensable pour décider d’un basculement durable vers l’électrique.
Quels postes font la différence ?
La comparaison ne porte pas uniquement sur le prix d’achat, qui reste souvent plus élevé pour les modèles électriques. La réduction de 33 % s’explique surtout par la suite : énergie, entretien, coûts liés aux pièces d’usure et, dans de nombreux cas, avantages fiscaux et incitations locales. Voici les principaux leviers :
La durée de vie de la batterie : un paramètre clé
Un point central dans le calcul du coût total de détention (TCO) est la longévité de la batterie et le coût de son remplacement. Les progrès technologiques et la diffusion de chimies plus durables (notamment LFP) réduisent le risque financier lié au remplacement de la batterie. Les constructeurs garantissent désormais souvent une capacité minimale sur plusieurs années, et la dépréciation s’apaise à mesure que le marché de l’occasion se structure.
Les profils d’usage qui maximisent l’économie
Toutes les situations ne se valent pas. L’écart de 33 % se matérialise surtout pour :
Les facteurs qui peuvent réduire cet avantage
La comparaison n’est pas universelle. Certains éléments peuvent atténuer ou annuler l’économie promise :
Impacts sur les assurances et la valeur résiduelle
Un autre volet du TCO concerne l’assurance et la dépréciation. Les assurances peuvent être plus élevées pour certains VE en raison du coût de remplacement des composants électroniques ou des batteries, mais les statistiques de sinistralité tendent à s’améliorer. Quant à la valeur résiduelle, elle se stabilise progressivement à mesure que le marché d’occasion s’étoffe et que la confiance des acheteurs augmente.
Conséquences pour les entreprises et les gestionnaires de flotte
Pour une entreprise, basculer vers l’électrique implique une approche globale : audits de consommation, installation d’infrastructures de recharge, optimisation des horaires de charge pour profiter des tarifs heures creuses, et formation des conducteurs. Les économies réalisées sur le poste opérationnel (énergie et maintenance) peuvent compenser l’investissement initial sur la flotte et les infrastructures, souvent sur une période de 3 à 6 ans selon les scénarios.
Que retenir pour l’automobiliste particulier ?
Pour le particulier, l’analyse doit être personnalisée :
Perspectives : vers une économie du transport plus sobre
La baisse de 33 % du coût d’exploitation traduit une tendance plus large : la décarbonation et l’électrification transforment le modèle économique de la mobilité. À mesure que les technologies mûrissent, que l’offre se diversifie et que les réseaux de charge se densifient, l’avantage opérationnel des véhicules électriques devrait se consolider, en particulier pour les usages professionnels et urbains.
Pour autant, chaque décision d’achat doit reposer sur un calcul individualisé. L’étude montre la capacité de l’électrique à offrir un coût d’usage inférieur, mais l’optimisation qui en découle demande une planification pragmatique et une attention aux détails (profil d’usage, disponibilité de la recharge, garanties). C’est ce travail d’analyse qui permettra de transformer l’argument économique en économie réelle au quotidien.
