Mercedes‑Benz expérimente l’« usine‑cantine » du futur à Sindelfingen : dès l’été 2026, une cuisine robotisée assistée par intelligence artificielle complétera la restauration du site. Cette initiative vise principalement à améliorer l’offre pour les salariés travaillant hors des plages d’ouverture classiques (équipiers de matin, soir et nuit) et à réduire les trajets à l’intérieur d’un site immense où circuler peut prendre du temps. Voici un décryptage technique et pratique de ce dispositif, de son fonctionnement et des enjeux qu’il soulève.
Quelle technologie arrive à la cantine ?
Le système retenu provient du start‑up munichoise Circus Group et porte la référence CA‑1. Il s’agit d’une unité fermée, compacte (environ sept mètres carrés) qui intègre toutes les fonctions nécessaires à la préparation autonome des repas : stockage réfrigéré des ingrédients, dosage, préparation par un bras robotisé, cuisson par induction, nettoyage et distribution. Conçu pour fonctionner de façon ininterrompue, le CA‑1 est destiné à opérer 24h/24 afin d’assurer une offre chaude même en dehors des heures de pointe de la cantine traditionnelle.
Organisation opérationnelle et logistique
Le dispositif repose sur une logistique stricte : les ingrédients sont conservés au frais dans la machine et réapprovisionnés quotidiennement. La gestion des menus est pilotée par l’analyse des ventes (données d’abattement) afin d’aligner l’offre sur la demande réelle et de limiter le gaspillage. L’utilisateur commande via une interface tactile directement sur l’unité ; le temps de préparation est annoncé à trois/quatre minutes, pendant lesquelles la phase de cuisson peut être observée.
Que peut cuisiner la machine ?
Aspects économiques et facturation
Les conditions tarifaires et la modalité de facturation incombent à l’exploitant de la cantine (ici Mercedes via ses partenaires). L’objectif affiché est double : fournir un service pratique aux équipes en horaires décalés et réduire la perte alimentaire par une offre « à la demande » pilotée par les données. Le bilan économique réel dépendra du prix unitaire des plats, du coût d’exploitation (énergie, maintenance, réapprovisionnement), ainsi que du taux d’utilisation des unités implantées.
Avantages pour l’entreprise et les salariés
Contraintes, limites et risques
Plusieurs points doivent être pris en compte :
Impacts sociaux et acceptabilité
Le déploiement de robots dans des services traditionnellement humains suscite toujours des questions. Ici, l’intention de Mercedes est d’ensemencer la cantine existante plutôt que de la remplacer : la cantine classique restera ouverte. L’unité robotisée est positionnée comme complément, en particulier pour des plages horaires peu couvertes. Néanmoins, la perception des employés (acceptation, goût, interaction) et l’intégration sociale (repas comme moment collectif) seront des facteurs clés pour le succès du projet.
Perspectives et évolutions possibles
Ce que nous surveillerons
Implanter une cuisine robotisée à Sindelfingen est un signal fort : l’industrie automobile, déjà centre d’innovation technologique, étend désormais l’automatisation hors des lignes de production et dans la vie quotidienne des employés. Si l’expérience s’avère concluante en termes de qualité, d’acceptation et d’économie, nous pourrions voir d’autres groupes industriels franchir le pas. Terra Auto suivra le déploiement et vous rapportera, après quelques semaines d’usage, le verdict des utilisateurs et les chiffres opérationnels.
