Volvo remet les pendules à l’heure sur le segment des SUV électriques intermédiaires avec l’EX60 : une proposition ambitieuse qui mise sur une architecture 800 volts, des batteries Cell‑to‑Body, une offre moteur large (du simple moteur arrière au duo de 510 ch) et une intégration poussée de matériaux durables. Après un premier contact sur routes variées, voici un compte‑rendu détaillé des prestations routières, de l’ergonomie, de la recharge et des choix techniques qui font (ou défont) l’attrait de ce nouveau modèle suédois.
Design intérieur : sobriété scandinave et finitions durables
L’EX60 frappe d’abord par la qualité perçue. Volvo mêle matériaux recyclés et finitions haut de gamme : tissu issu du recyclage, « Nordico » vegan pour les sièges et placages bois certifiés FSC. L’ensemble dégage une atmosphère premium, sobre et cohérente avec l’image de la marque. Quelques détails perfectibles subsistent (ajustements de panneaux, quelques choix de textures peu heureux dans les contreportes), mais globalement l’habitacle convainc par son caractère et sa logique d’usage.
Clé numérique et poignées « winglet » : esthétique vs ergonomie
Volvo a supprimé la clé traditionnelle : l’accès se fait par smartphone en « Digital Key ». Les poignées extérieures ont disparu au profit de petits ailerons aérodynamiques qui favorisent le Cx (annoncé remarquable). Résultat : silhouette élégante et coefficient de traînée bas (0,26). En revanche, l’usage quotidien pâtit d’une ergonomie parfois discutable : la manipulation des portes et la fermeture intérieure nécessitent un temps d’adaptation, et la position des poignées intérieures est perfectible pour certains gabarits.
Interface centrée sur l’écran : moins de boutons, plus de menus
Volvo conserve un écran central OLED transverse généreux, et réduit fortement la présence de commandes physiques. Seule une molettes de volume et quelques touches subsistent, mais la plupart des réglages (rétroviseurs, réglage pédales, intensité de la régénération) sont noyés dans des menus. L’ergonomie en souffre : certaines actions nécessitent des plongées dans les menus au lieu d’un accès direct, ramenant le débat entre esthétique épurée et facilité d’utilisation.
Trois architectures de batterie et des recharges rapides
La gamme EX60 est structurée autour de plusieurs packs et motorisations :
Grâce à l’architecture 800 V et au pack intégré à la structure, Volvo annonce des vitesses de charge remarquables : 10 → 80 % en 16 minutes pour certaines versions, avec des pointes jusqu’à 370 kW. De quoi rendre les longs trajets réalistes si l’infrastructure le permet.
Châssis et comportement : surprise agréable
Sur route, l’EX60 surprend par son comportement équilibré. La plateforme SPA3 apporte une rigidité de caisse favorable au compromis confort/tenue : le châssis encaisse les irrégularités sans crispation, même avec les jantes optionnelles de 22 pouces. La direction est plutôt douce, parfois un peu déconnectée, mais l’ensemble inspire confiance. La suspension adaptative (présente sur les versions supérieures) multiplie les réglages utiles : du confort moelleux au mode « firm » efficace sans coup de raideur désagréable.
Performance et progression : la logique Volvo
Les puissances annoncées (jusqu’à 510 ch) ne se traduisent pas par une mise en scène agressive : Volvo favorise la progressivité et la maîtrise plutôt que l’attaque brutale. En pratique, le P10 franchit 0 → 100 km/h en 4,6 s, mais la délivrance est volontairement tempérée – la marque privilégie la sûreté et la sérénité à la démonstration pure. Le dispositif de régénération offre un « One‑Pedal‑Drive » paramétrable, mais sa configuration reste accessible uniquement via l’écran, un choix qui nuit à la réactivité en conduite urbaine.
Assistance à la conduite : efficace mais pas révolutionnaire
Le Pilot Assist conserve son rôle d’assistant de niveau 2 : gestion d’accélération, freinage et maintien de voie jusqu’à 150 km/h. Les manœuvres d’autoroute (changement de voie automatique) fonctionnent proprement, mais Volvo n’a pas cherché à proposer une panoplie d’aides « superlatives » : l’accent reste mis sur la stabilité et la prévisibilité plutôt que sur l’automatisation extrême.
Praticité quotidienne : coffre et modularité
Pratique, l’EX60 propose 523 litres de coffre – un volume généreux pour le segment – et un plancher bien exploitable. La modularité est pensée (banquette 40:20:40) et le frunk de 58 litres s’avère utile pour ranger câbles et accessoires. Quelques choix d’ergonomie, comme l’absence d’un vrai gant‑compartiment ou la conception de la console centrale, méritent d’être notés mais ne gâchent pas l’usage au quotidien.
Consommation et autonomie réelles
Volvo annonce des autonomies WLTP allant jusqu’à 611 km (selon version). Les chiffres paraissent ambitieux mais crédibles grâce au Cx optimisé, à la batterie de grande capacité et à la gestion thermique. En usage mixte, un conducteur attentif devrait atteindre des valeurs élevées, surtout si la recharge domestique est privilégiée. Sur autoroute à vitesse élevée, l’autonomie se réduit naturellement, comme pour toute voiture électrique performante.
À qui s’adresse l’EX60 ?
Le Volvo EX60 est une proposition réfléchie : technique de pointe, charge ultra‑rapide, finition haut de gamme et priorités centrées sur la sécurité et la durabilité. Quelques décisions ergonomiques (réduction des commandes physiques, suppression de la clé, poignées non‑traditionnelles) divisent l’expérience, mais le compromis global reste séduisant pour qui veut un SUV électrique confortable, technologiquement avancé et fidèle à l’ADN scandinave.
