Fernpass : un tunnel de 1,4 km et une nouvelle ère pour la B179 — ce qui change pour les usagers
Le projet de tunnel du Fernpass (B179) vient de franchir une étape décisive avec l’obtention de l’autorisation de protection de la nature. Conçu pour fluidifier une des liaisons routières les plus fréquentées entre la Bavière et le Tyrol, ce chantier modifie profondément l’équilibre entre mobilité, sécurité et protection de l’environnement dans la région. Voici l’essentiel à connaître, décrypté point par point.
Pourquoi un tunnel au Fernpass ?
La B179 relie Füssen et le Tyrol en franchissant le col du Fernpass (1 210 m). C’est une artère stratégique : jusqu’à 30 000 véhicules y circulent quotidiennement en saison. Ses virages serrés, les fortes pentes (jusqu’à 8 %) et les conditions hivernales fréquentes provoquent régulièrement des ralentissements et des incidents. Le projet prévoit la réalisation d’un tunnel de 1,4 km qui raccourcirait et aplanirait le tracé le plus critique, réduisant la dénivellation de 200 m à environ 70 m et supprimant les sections les plus sinueuses.
Caractéristiques techniques du futur tunnel
La section en tunnel viendra remplacer ou compléter l’actuel tronçon de 4,8 km du col, selon les variantes étudiées.
Autorisation environnementale : des conditions strictes
La décision du gouvernement du Tyrol d’accorder l’autorisation au titre du droit de la protection de la nature est assortie d’une série d’obligations contraignantes. Le tracé affecte des surfaces boisées protégées et des habitats d’espèces sensibles. Parmi les mesures imposées :
Les autorités estiment que, malgré l’impact significatif, l’intérêt public (sécurité, fluidité, performance économique) justifie le projet, soumis cependant à ces contre‑parties environnementales.
Calendrier et coûts : début des travaux et péage
Selon le planning désormais annoncé, le démarrage des travaux est prévu en 2027 pour une durée d’environ deux ans, avec une mise en service possible en 2029. Le programme d’investissement global lié aux aménagements du Fernpass s’élève à environ 500 millions d’euros, la construction du tunnel seul représentant environ 133 millions d’euros (net).
À l’ouverture, la traversée deviendra payante : le tarif envisagé est de 14 € par passage. Un abonnement annuel à prix réduit (environ 140 €) serait proposé pour les usagers fréquents, principalement les navetteurs. Deux postes de péage sont prévus (Blindsee/Außerfern et Nassereith). Les revenus du péage sont censés financer l’entretien et d’autres améliorations d’infrastructure dans la région.
Exemptions et tarifs locaux
La législation européenne empêche une exonération totale pour les riverains ; toutefois, des tarifs fortement réduits seront étudiés pour les habitants locaux afin de limiter la charge financière sur les populations vivant à proximité. Le détail définitif des catégories tarifaires et des exonérations reste à finaliser.
Conséquences attendues pour les usagers et le tourisme
Itinéraires alternatifs à connaître
Pour éviter le Fernpass payant, plusieurs itinéraires restent praticables :
Financement et usage des recettes
Les recettes du péage doivent soutenir l’ensemble du programme d’investissements routiers de la région. Le concept vise à garantir l’autofinancement des travaux et l’entretien futur, tout en finançant d’autres projets, comme l’éventuelle seconde galerie du tunnel de Lermoos. Reste à mesurer la capacité réelle du péage à couvrir ces dépenses sans entraîner d’externalités négatives pour l’économie locale.
Points encore ouverts et oppositions possibles
Plusieurs autorisations manquent encore (droits sur l’eau, forêts) et la décision peut faire l’objet de recours dans les quatre semaines suivant la publication — un délai qui peut avoir un effet suspensif selon la nature des recours. L’impact écologique et le modèle de financement (péage) seront sans doute au cœur des contestations : associations de protection de la nature et acteurs économiques locaux veillent à l’équilibre entre développement et préservation.
À quoi s’attendre pour les prochaines étapes
Le projet du Fernpass est emblématique d’une tendance : moderniser les axes alpins pour garantir sécurité et fluidité, tout en devant composer avec des exigences environnementales fortes et des contraintes économiques. Pour les automobilistes, les pendulaires et les professionnels du tourisme, la période 2027–2029 sera celle des ajustements ; mieux vaut dès maintenant connaître ses options d’itinéraires et anticiper l’impact du futur péage.
