Un Mercedes‑Benz 560 SL (R107) ayant appartenu à Donald Trump est proposé à la vente en Allemagne : voilà qui suffit à attirer les regards, entre curiosité historique et spéculation de collectionneur. Ce roadster emblématique, produit pour le marché nord‑américain entre 1985 et 1989, représente l’apogée de la série R107 avec son V8 5,6 litres, ses caractéristiques esthétiques spécifiques et son confort proche de celui d’une S‑Class de l’époque. Mais qu’apporte réellement la signature « provenance Trump » en termes de valeur et de risques pour l’acheteur ? Je fais le point sur les aspects techniques, patrimoniaux et financiers à considérer.
Le modèle : pourquoi le 560 SL séduit‑il encore ?
La génération R107 a été l’une des plus durables et aimées de Mercedes : production longue, ligne élégante et mécanique robuste. Le 560 SL, destiné au marché américain, se distingue par son V8 5,6 l atmosphérique délivrant environ 242 ch, ses pare‑chocs spécifiques conformes aux normes US et ses optiques scellées typiques. Techniquement, il reprend bon nombre d’éléments de la S‑Class de l’époque, ce qui lui confère une tenue de route et un confort de haut niveau pour un cabriolet des années 80.
La provenance : un roadster offert à Ivana Trump
Ce exemplaire précis daterait de 1987 et aurait été acheté par Donald Trump comme cadeau pour Ivana. Le kilométrage déclaré est faible (environ 19 000 km), et le dossier comprend une documentation complète, dont une lettre originale d’Ivana Trump attestant de la propriété. L’historique montre ensuite plusieurs changements de main avant l’importation en Allemagne en 2014. Ces éléments forment le « pedigree » du véhicule, qui joue un rôle central sur le marché des collectionneurs.
Valeur de marché : prime du « célèbre » vs réalité économique
Sur le marché des R107 bien entretenus, les prix oscillent habituellement entre 30 000 et 50 000 euros selon état et équipement. Les exemplaires à faible kilométrage et avec documentation soignée peuvent atteindre des niveaux supérieurs. L’origine « Donald Trump » augmente la curiosité et, potentiellement, la valeur : des offres allant jusqu’à 110 000 euros auraient été formulées, mais refusées. Cela montre qu’un premium existe, mais il dépend fortement du profil des acheteurs et du contexte géopolitique.
Les atouts pour un acheteur potentiel
Les risques et points d’attention
Acheter un véhicule « célèbre » implique également des risques spécifiques :
Conseils pratiques avant d’acheter
Aspects émotionnels et patrimoniaux
Au‑delà des chiffres, un tel véhicule raconte une histoire : il est à la croisée du patrimoine automobile et de l’anecdote historique. Pour certains collectionneurs, la provenance est un facteur d’excitation et de prestige. Pour d’autres, elle représente une nuisance ou une stigmatisation. Il appartient à l’acquéreur d’assumer la dimension symbolique du véhicule et de savoir si l’histoire qui y est attachée correspond à ses propres valeurs et objectifs de collection.
Est‑ce un bon investissement ?
La réponse dépendra du profil de l’acheteur. Si l’objectif est de posséder une Mercedes 560 SL exceptionnellement bien conservée avec une histoire rare, et que l’acheteur est à l’aise avec la connotation politique, l’investissement peut être justifié et même potentiellement rentable. En revanche, pour un acheteur prudent qui préfère un marché large et non polarisé, payer une prime liée à une personnalité controversée comporte un risque : la décote peut se produire si la demande se révèle plus circonscrite qu’anticipée.
En somme, cet exemplaire du 560 SL offre un mélange séduisant de statut mécanique et d’histoire. Mais il impose au futur acquéreur une réflexion approfondie, tant sur les aspects techniques que sur l’impact de la provenance sur la valeur et la revente. Un contrôle technique rigoureux, une évaluation complète des coûts et une stratégie de conservation ou d’exploitation s’imposent avant de sortir le chéquier.
