Le Ram 1500 SRT TRX revient en force : 788 ch pour relancer la légende V8
Ram redonne vie à son TRX. Après une courte parenthèse, le pick‑up haute performance fait son grand retour pour l’année modèle 2027 avec un V8 Hemi suralimenté de 6,2 litres affichant 788 chevaux et 921 Nm de couple. C’est un signal fort : dans un contexte où l’industrie automobile se polarise vers l’électrification, Ram réaffirme qu’il existe encore un marché — et une demande — pour des véhicules extrêmement puissants et spectaculaires. Analyse des chiffres, des performances et des implications pour les pick‑ups « halo » américains.
Les chiffres qui font tourner les têtes
Le nouveau TRX revendique 788 ch (777 hp) et 921 Nm (680 lb‑ft). Ces puissances permettent au camion d’abattre le 0‑97 km/h (0‑60 mph) en seulement 3,5 secondes et d’atteindre une vitesse de pointe de 190 km/h (118 mph). Par rapport à la génération précédente, qui développait 712 ch et passait le 0‑60 en 3,7 s, l’évolution est sensible. Ces gains se traduisent autant en marketing qu’en performances pures : le TRX veut rester la référence visuelle et dynamique dans un segment où la compétition (notamment Ford Raptor R) ne cesse de monter en puissance.
Une stratégie « halo » assumée
Le TRX fait partie de la stratégie « halo » de Ram : des véhicules haut de gamme, produits en volumes relativement faibles, mais conçus pour électriser l’image de marque et attirer l’attention sur la gamme. Au prix annoncé d’environ 102 590 $ (≈ 87 500 € selon taux actuel), le TRX n’est pas un volume seller ; c’est un instrument de communication et de marge. Tim Kuniskis et la nouvelle équipe SRT veulent raviver la flamme performance au sein du groupe, en s’appuyant sur ces modèles d’exception pour irriguer l’ensemble de la marque.
Technique : le V8 Hemi revient au premier plan
Le cœur du projet est le V8 Hemi suralimenté. Il s’agit d’une architecture désormais iconique aux États‑Unis : cylindrée généreuse, alimentation par compresseur et une sonorité unique. Le choix du compresseur (supercharger) plutôt que du turbocompresseur a des raisons évidentes : réponse instantanée à bas régime, plateau de couple massif et une sonorité brute très appréciée par les clients de ce segment. Ram a optimisé la gestion moteur, l’admission et l’échappement pour obtenir ces chiffres tout en gardant une fiabilité acceptable pour un véhicule de grande série.
Perception et demande : une réaction immédiate
Après l’annonce, la réaction du marché a été franche : près de 10 000 commandes le premier jour, puis 50 000 en six semaines. Ces nombres traduisent un appétit réel pour des pick‑ups puissants, dès lors que l’environnement réglementaire le permet. La révision du cadre d’émissions aux États‑Unis a clairement facilité le retour en force des gros moteurs. Mais il faudra voir comment évoluera la demande si des régulations plus strictes se réimposent ou si les coûts liés aux carburants augmentent.
Le TRX face à la concurrence
Le TRX est positionné pour affronter des rivaux comme le Ford F‑150 Raptor R (710 ch). Sur le papier, il reprend l’avantage en puissance et en accélération. Toutefois, la comparaison ne se limite pas à la puissance brute : tenue de route, châssis, électronique d’exploitation, capacité tout‑terrain et ergonomie entrent en ligne de compte. Ram annonce des améliorations sur la dynamique et l’aérodynamique du véhicule ; l’équilibre châssis/amortissement ainsi que la gestion thermique du moteur et des freins seront déterminants pour transformer la performance brute en efficacité réelle sur route et hors piste.
Power Wagon diesel : la gamme s’étoffe
En parallèle, Ram relance aussi le Power Wagon avec un 6,7 litres Cummins turbodiesel développant 435 ch et surtout 1 457 Nm de couple — des chiffres destinés à renforcer les capacités de traction et le franchissement. Ce positionnement montre que Ram joue plusieurs cartes : d’un côté la vitrine spectaculaire TRX, de l’autre des outils robustes et utilitaires comme le Power Wagon, répondant à des besoins pro et loisirs spécifiques.
Impacts économiques et image de marque
Au‑delà de l’émotion, le TRX est une machine à marges : vendu cher, produit en volumes limités, il consolide la rentabilité et attire une clientèle prête à investir dans le haut de gamme. Pour Ram, c’est un pari qui paie doublement : générer des profits sur un segment premium et alimenter le storytelling de la marque, essentiel pour vendre aussi des modèles plus raisonnables en gamme.
Points de vigilance
Qu’est‑ce que cela dit du marché US ?
La renaissance du TRX traduit une réalité du marché américain : la culture du gros véhicule performant reste vivace, et les préférences des consommateurs y sont moins immédiatement tributaires des tendances européennes vers l’électrification stricte. Tant que le cadre réglementaire et économique le permet, les constructeurs exploiteront cette demande. Le TRX est à la fois un objet de désir et une déclaration stratégique : Ram veut rester visible, iconique et rentable.