La Mercedes Classe S s’apprête à vivre l’un des plus importants restylages de son histoire : pour 2026, la limousine de référence reçoit une mise à jour technique et technologique massive, portant sur plus de 50 % de ses composants. À l’heure où les berlines de grand luxe doivent affronter la concurrence des SUV premium et la pression croissante de l’électrification, Mercedes mise sur une évolution en profondeur : nouvelles motorisations, électronique centralisée MB.OS, châssis encore plus sophistiqué et améliorations sensibles du confort. Je décortique pour vous les principaux éléments connus à ce stade et ce qu’ils signifient pour les futurs acheteurs.
MB.OS : l’électronique au cœur de la S‑Classe
La mise à jour la plus déterminante est logicielle : la nouvelle S‑Classe devient le premier modèle à carburer au Mercedes‑Benz Operating System (MB.OS) dans sa version pour véhicules thermiques. MB.OS unifie l’infodivertissement, les aides à la conduite et la gestion moteur dans un seul écosystème, permettant notamment des mises à jour Over‑The‑Air plus ambitieuses et une puissance de calcul accrue. Concrètement, cela promet des fonctions d’assistance plus réactives, une personnalisation plus poussée et une longévité fonctionnelle meilleure — à condition que Mercedes assure la robustesse des mises à jour et la protection des données.
Des moteurs retravaillés : le V8 et les six‑cylindres gagnent en peps
Bonne nouvelle pour les amateurs de sensations : le V8 survit et s’améliore. Le bloc M177 Evo du S 580 4MATIC développe désormais 395 kW (537 ch) et 750 Nm, soit un gain modeste mais soigné de 11 ch et 50 Nm. Les améliorations sont techniques et nombreuses : injection repensée, conduits d’admission et d’échappement optimisés, nouvelle entrée d’arbre à cames, ainsi qu’une flatplane crankshaft et une optimisation du turbocompresseur. Le résultat attendu est une réponse plus vive, un couple plus disponible et une sonorité retravaillée, sans exploser la consommation.
Les six‑cylindres (M256 Evo) du S 450 et S 500 voient aussi leur couple augmenter — jusqu’à 600 Nm (640 Nm en overboost). Mercedes a retravaillé le compresseur électrique et affinée la distribution. La gamme profite également d’une insonorisation renforcée afin d’offrir un habitacle encore plus feutré.
Batterie, hybridation et performances électriques
Les variantes hybrides rechargeables conservent la philosophie : plus de 100 km d’autonomie électrique annoncée et une augmentation sensible de la puissance système via un moteur électrique plus généreux. Mercedes promet des gains de performance et de polyvalence, sans donner encore toutes les spécificités chiffrées. L’électrification se traduit donc par une approche pragmatique : conserver l’agrément thermique tout en offrant la capacité d’un usage quotidien en zéro émission.
Le diesel reste — mais plus propre
Cas rare dans le segment : Mercedes maintient un diesel performant dans la gamme S. Le six‑cylindres OM 656 Evo, présent sur les S 350 d et S 450 d, se dote d’un catalyseur chauffé électriquement dès la série, une première sur un diesel produit en volume. Ce dispositif vise à garantir la conformité aux normes d’émissions les plus strictes et à améliorer la qualité des rejets en conditions réelles. Tous les moteurs reçoivent par ailleurs une hybridation légère 48 V via un ISG (Integrated Starter Generator).
Châssis et confort : des idées intelligentes face aux défauts de la route
Le système de suspension est profondément retravaillé. L’air‑suspension devient de série tandis que l’E‑Active Body Control propose une nouvelle fonctionnalité baptisée « Intelligent Damping » : le véhicule anticipe les irrégularités (gendarmes couchés, nids‑de‑poule) grâce à des données partagées en mode Car‑to‑X et ajuste la fermeté des amortisseurs juste avant le passage. Concrètement, cela réduit fortement les secousses et hausse le confort perçu. La direction de la roue arrière passe en série à 4,5 degrés (10° en option), améliorant le rayon de braquage pour la version longue.
Production et calendrier
Les dernières phases de développement se tiennent entre Sindelfingen, l’hiver suédois et l’anneau d’Immendingen. La production débutera en 2026 dans l’usine high‑tech Factory 56. Mercedes indique que la présentation officielle est imminente ; il faudra ensuite vérifier les tarifs et les niveaux d’équipement pour mesurer l’ambition commerciale de cette mise à jour majeure.
Points d’attention pour l’acheteur
Plusieurs questions restent à trancher pour évaluer l’attractivité réelle du facelift :
Sur nos routes, la promesse est alléchante : plus de confort, plus de technologie, une électronique centralisée et des moteurs raffermis. Reste à valider que ces avancées se traduisent bien sur la balance entre plaisir de conduite, consommation et coût d’usage au quotidien.
