La Mercedes S‑Klasse restylée pour 2026 marque sans doute la plus grosse révision qu’ait connue la génération W223 : plus de 2 700 pièces revues ou nouvelles, des moteurs optimisés, une digitalisation renforcée et de nombreuses fonctions de confort inédites. Voici un tour d’horizon détaillé des nouveautés — esthétique, habitacle, moteurs, assistances et équipements — et ce que cela implique pour l’acheteur français.
Un visage remanié et une signature lumineuse
La face avant évolue sensiblement : la calandre gagne en surface (+20 %) et s’impose désormais comme élément central du design. Mercedes introduit une bande LED autour de la calandre qui se décline même en éléments personnalisés via le « Night Package » avec des inserts Dark Chrome. À l’arrière, la S‑Klasse adopte une signature lumineuse en étoiles : trois éléments lumineux par côté, davantage que la E‑Klasse, pour marquer la hiérarchie visuelle de la gamme.
Signalons toutefois une limitation : la fameuse étoile éclairée sur le capot — spectaculaire sur le papier — ne sera proposée qu’aux marchés chinois et américain. L’Europe conserve la tradition de la figurine classique, mais profite néanmoins de l’éclairage avancé Digital Light de nouvelle génération. Celui‑ci délivre jusqu’à 600 mètres d’éclairement et permet, grâce à la puissance de calcul accrue, une utilisation quasi permanente de l’« feux de route sans éblouissement », pour un gain réel en visibilité nocturne.
Intérieur et infodivertissement : le Superscreen débarque
Mercedes généralise le « Superscreen » à bord de la S‑Klasse : une dalle vitrée intégrant plusieurs affichages pour conducteur, passager et écran central. Mais l’actualité majeure réside dans l’arrivée du MB.OS, la nouvelle plateforme MBUX qui fédère plusieurs modèles d’IA afin d’offrir une personnalisation poussée. L’interface combine des assistants sophistiqués et intègre le « Automotive AI Agent » de Google Cloud pour enrichir la navigation et afficher des éléments AR dans le champ de vision via un HUD amélioré.
Autre trouvaille pratique : les ceintures chauffantes avant, capables d’atteindre 40 °C. Idée simple mais utile pour inciter à rouler sans vêtements encombrants en hiver — un acte qui peut réduire les blessures en cas d’accident. L’arrière, quant à lui, reste un territoire d’excellence : sièges « lounge », écrans 33,3 pouces, commandes tactiles individuelles et possibilités accrues de visioconférence rendent la S‑Klasse véritablement apte à servir de bureau roulant.
Technologie embarquée : capteurs, supercalculateur et conduite « prête pour le futur »
La voiture repose sur un « supercalculateur » refroidi par eau, capable de gérer l’infodivertissement, les assistances et l’agrégation des données issues des capteurs : dix caméras extérieures, cinq radars et douze capteurs ultrasons. À noter l’absence du lidar : Mercedes mise sur la fusion caméra‑radar et sur la puissance de calcul pour atteindre les niveaux actuels d’assistance.
En matière d’autonomie de conduite, la S‑Klasse est déjà « préparée » pour des systèmes de niveau 4 et peut recevoir des évolutions par mise à jour logicielle. Aujourd’hui, sur certains marchés (États‑Unis, Chine), Mercedes propose une fonction « 2++ » permettant des déplacements urbains automatisés point à point ; en Europe, l’activation dépendra du cadre réglementaire national.
Moteurs : électrification et montée en puissance
La gamme moteurs a été largement retravaillée : nouvelle évolution du V8 (M 177 Evo) dans la S 580 4Matic avec 537 ch et 750 Nm ; re‑calage des trois‑et six‑cylindres avec intégration d’un démarreur‑générateur de 17 ch (ISG). La S‑Klasse conserve une offre diesel (350 d et 450 d) révisée et propose des hybrides rechargeables performants :
Le V12 disparaît de la gamme standard mais subsiste dans la version blindée S 680 Guard, conservant ainsi une offre extrême pour les besoins de protection VR10.
Châssis, confort et conduite prédictive
Le train roulant repose toujours sur l’Airmatic et une direction des roues arrière (4,5° de série, jusqu’à 10° en option) pour réduire le diamètre de braquage. L’option E‑Active Body Control, via le réseau 48 V, corrige activement roulis et tangage. L’innovation majeure : un amortissement « intelligent » qui anticipe les irrégularités grâce à la connexion Car‑to‑X — en pratique, la suspension adapte sa réponse avant le franchissement d’un nid‑de‑poule identifié par d’autres véhicules connectés.
Personnalisation, options et tarification
Mercedes pousse la personnalisation : 150 teintes de carrosserie et quelque 400 combinaisons intérieures. Côté prix, la configuration d’accès démarre autour de 121 356 € pour la S 350 4Matic (empattement standard). Mercedes propose également des offres de leasing attractives pour certains marchés, avec des mensualités débutant aux alentours de 1 020 € selon les conditions.
Ce que cela change pour le marché européen
En synthèse, ce restylage est bien plus qu’un simple rafraîchissement cosmétique : Mercedes a saisi l’occasion pour faire évoluer profondément sa grande berline sur l’ensemble des axes — puissance, confort, connectivité et préparation à l’autonomie. Pour l’acheteur français, l’atout principal demeure l’équilibre entre grand tourisme, technologie embarquée et capacités électriques renforcées. Reste à voir quand et comment certaines fonctionnalités réservées à d’autres marchés seront homologuées et proposées chez nous.

