Le retour du Mitsubishi Pajero : la légende tout‑terrain renaît avec châssis échelle et moteur diesel
Après une pause de cinq ans, le Pajero fait son grand retour : Mitsubishi a dévoilé la cinquième génération de son emblématique 4×4. Conçu comme nouveau vaisseau amiral de la marque, le Pajero revient en version trois rangées et sept places, en s’appuyant délibérément sur les recettes historiques du tout‑terrain : châssis en échelle, long débattement de suspensions, transmissions robustes et motorisation diesel vigoureuse. Produit en Thaïlande sur la même ligne que le pick‑up L200/Triton, il semble destiné principalement aux marchés où le vrai off‑road demeure stratégique.
Un dessin qui revendique son héritage
Le nouveau Pajero se présente avec des proportions classiques : silhouette carrée, capot haut et volumes massifs. Mitsubishi a semé des clins d’œil stylistiques rappelant les générations passées — la forme particulière de la custode C évoque le roll‑bar des modèles ouverts, la découpe hexagonale du hayon rappelle le temps du pneu de secours monté à l’arrière. À l’intérieur, l’ambiance est horizontale et fonctionnelle : tableau de bord large, écran « Monolith » double de 14,3 pouces sur les finitions supérieures, ou 12,3 pouces sur les versions plus simples. L’ergonomie vise la praticité pour des usages famille + expéditions.
Châssis échelle et suspension robuste : retour aux sources
Sur le plan technique, Mitsubishi opère un choix fort : retour au châssis en échelle hautement résistif. Le constructeur utilise des aciers spécifiques et augmente la section des éléments de cadre pour améliorer la rigidité en torsion et en flexion. À l’avant, on trouve une suspension indépendante à double triangle, tandis que l’arrière repose sur un essieu rigide avec un montage multi‑bras et ressorts hélicoïdaux — une configuration pensée pour offrir de grands débattements et une excellente articulation en terrain cassant. Ce schéma est typique des véhicules orientés franchissement, qui privilégient la simplicité mécanique et la robustesse sur la sophistication à tout prix.
Groupe motopropulseur : le diesel encore roi
Le Pajero 2026 est animé par un 2,4 litres diesel à géométrie variable, un moteur rodé dans la gamme L200, capable de fournir jusqu’à 480 Nm de couple. Mitsubishi n’a pas encore confirmé la puissance exacte pour le Pajero, mais la base du L200 (environ 204 ch) donne un ordre d’idée. La transmission est assurée par une nouvelle boîte automatique à huit rapports, dotée d’un mode sport. Ce choix confirme l’orientation utilitaire : couple généreux, autonomie acceptable en terrain isolé et consommation maîtrisable pour les missions longues.
Un système 4×4 évolué : Super Select et S‑AWC
Pour la transmission intégrale, Mitsubishi reprend et modernise son fameux Super Select 4WD‑II. Quatre positions sont proposées : 2H (propulsion), 4H (permanent), 4HLc (avec différentiel central verrouillé) et 4LLc (diff central verrouillé + démultiplication courte). L’ensemble est complété par le système S‑AWC (Super All Wheel Control), qui intègre Active Yaw Control, contrôle de traction, ESP et ABS. L’Active Yaw Control peut orchestrer des interventions de freinage ciblées pour modifier la répartition dynamique entre les roues avant — un atout notable pour garder le cap sur terrains glissants.
Sept programmes de conduite (Normal, Eco, Gravel, Snow, Mud, Sand, Rock) permettent d’adapter les paramètres moteur, la gestion du couple, l’antipatinage et la calibration ABS selon le terrain : une approche complète qui devrait rendre le Pajero efficace aussi bien pour la traversée désertique que pour franchir des sentiers boueux.
Technologies d’aide et sécurité : la caméra 3D pour l’off‑road
Mitsubishi propose un 3D Multi Around Monitor : quatre caméras construites en un modèle tridimensionnel qui fournit une vue à 360° et une vision frontale sous‑bouclier. Cette fonctionnalité est automatiquement activée en modes 4HLc/4LLc et facilite l’inspection des obstacles sous le nez du véhicule — une aide précieuse en franchissement où la vision directe est souvent limitée.
Habitabilité et modularité : pensé pour la famille et l’aventure
Le Pajero conserve des dimensions généreuses : trois rangées, sept places, avec une deuxième rangée coulissante sur 150 mm pour faciliter l’accès à la troisième rangée et optimiser l’habitabilité. Les concepteurs ont soigné l’ergonomie : espace pour la tête et les jambes en troisième rangée, volumes de rangement multiples et modularité pour charger du matériel outdoor.
Production, marchés et perspectives pour l’Europe
Le Pajero sera d’abord vendu en Thaïlande (début 2026), puis au Japon et en Australie. Une commercialisation progressive dans une centaine de pays est prévue pour 2027, incluant l’Asie, l’Amérique latine et le Moyen‑Orient. Pour l’Europe, Mitsubishi n’a pour l’heure pas annoncé d’importation générale : le retour du Pajero pourrait donc se limiter aux marchés où le châssis échelle et les motorisations diesel restent pertinents économiquement et réglementairement. Dans certains pays, la version reprendra l’appellation Montero historiquement utilisée.
À quoi s’attendre et quelles interrogations subsistent ?
Avec ce Pajero nouvelle génération, Mitsubishi joue la carte de l’authenticité : un 4×4 moderne mais résolument ancré dans l’héritage tout‑terrain. Pour les amateurs de franchissement et les professionnels qui exigent robustesse et capacité de charge, il pourrait représenter une alternative tangible aux SUV suréquipés mais moins capables en terrain difficile. Reste à voir si la stratégie commerciale ciblera l’Europe, où les contraintes réglementaires et la demande pour le diesel ont évolué fortement ces dernières années.

